Le balancier de l’Histoire ne connaît pas de trêve. Le mouvement par lequel la mentalité des années d’après guerre a été renversée, va être lui-même être renversé à son tour. Ainsi la ferveur idéaliste et révolutionnaire des années 1960 va connaître son crépuscule, se retourner et se muer dans le conformisme des années 1990. Ce passage est aujourd’hui décrit par les sociologue dans un concept qui nomme le terme de son avènement : la postmodernité.

    L’événement symbolique le plus important de ce renversement est assurément la chute du mur de Berlin. La chute du mur annonce de manière spectaculaire le déclin irréversible du pouvoir de séduction des idéologies et la désaffection croissante de la politique. Le marxisme mondial s’effondre comme un château de cartes et révèle son visage totalitaire, ce visage que les intellectuels de la génération précédente refusaient de voir. On ne croit plus à l’avènement de la cité communiste universelle et on en a marre de la litanie de la dictature du prolétariat que plus personne ne peut plus justifier. La postmodernité va s’installer dans un désert idéologique, et comme la nature a horreur du vide, c’est autre chose qui va prendre sa place. Quand on n’attend plus grand-chose de l’avenir et que l’on vit dans une société d’abondance, pourquoi ne s’arrêterait-on pas dans la simple consommation ? On peut jouir d’un maximum de plaisirs. Désormais, le virage est pris, on ne veut plus changer le monde, non, non, on veut en profiter. On veut profiter de tout ce que la société apporte, se pâmer devant la publicité, consommer ses produits, profiter de tous ses avantages, tout ce que le marketing sait si bien nous vendre.

Modernité

Postmodernité

Raison

Relativisme

Progrès

Profit individuel

Unité de la science

Fragmentation des sciences

Réalité et réalisme

Image et virtuel

Devoir

Ludisme

Liberté civile

Tolérance

Morale

Immoralisme

Effort

Désir

Hiérarchisation

Nivellement

Suprématie de la Société

Suprématie de l’individu