Les hypothèses de la concurrence pure et parfaite évacue le pouvoir, l’un des principes de base de l’économie néoclassique étant que nul ne peut être contraint à échanger, le pouvoir et le marché sont antinomiques

Si l’on affirme qu’entre le contrôle du marché par le monopole et le contrôle de l’entreprise par le marché, il existe une multitude d’états intermédiaires, le pouvoir de l’entreprise est affirmé tant dans la détermination des prix que dans la fixation des lieux de la concurrence (différenciation du produit). L’entreprise s’autonomise par rapport au marché et se donne les moyens de le contrôler. Plus elle s’étend plus elle peut régler le rythme et la nature même de la concurrence en élevant des barrières à l’entrée.

Les théories plus récentes du pouvoir offrent à la théorie standard un champ de réflexion plus acceptable à travers les notions d’information et de techniques de communication. Ainsi Crozier et Friedberg 1977[1]montrent comment le pouvoir se dilue dans un jeu subtil de stratégie de communication ou de rétentions d’informations plus ou moins vérifiables. La domination directe n’est plus nécessaire à l’exercice du pouvoir.

Les phénomènes de pouvoir apparaissent donc dès que l’on quitte les hypothèses de concurrence. En particulier la règle d’atomicité des intervenants. On parle dans ce contexte de pouvoir de marché. L’action et la décision d’un agent ont des conséquences sur l ‘état du marché. « L’information détenue par un agent et non partagée lui permet de capter une partie du surplus né de l’échange et lui confère un pouvoir »Y. Dupuys et B. Maris p4[2]


[1] M.Crozier et E. Fridberg « L’acteur et le système » Paris Le Seuil 1977

[2] Y. Dupuys et B. Maris « Le pouvoir et le marché : une relation complexe » Problèmes Economiques 20 Nov 1996 N°2495 p1-7