L’incertitude et pouvoir sont liés. Le pouvoir s’installe dans des situations dont l’issue n’est pas prévisible à l’avance. Si les informations sont connues et hiérarchisées, et si le processus de décision est fixé, il n’existe aucun espace pour le pouvoir. C’est la conjonction de l’incertain et de l’asymétrie des positions (asymétrie des dotations initiales, des informations des capacités de traitement de l’information) qui explique la naissance et l’exercice du pouvoir.

Crozier et Friedberg[1] construisent l’entreprise comme un vaste système de pouvoir dont tous les acteurs, par les ressources qu’ils détiennent en contrôlant certaines incertitudes, gèrent, au mieux de leur intérêt, leur coopération conflictuelle.

Toutefois, l’existence d’un vaste système de négociation n’est pas contradictoire avec la thèse de la concentration du pouvoir dans les mains d’une oligarchie cooptée. Chaque cadre par son expertise détient un certain pouvoir, mais il doit composer avec les autres experts : les décisions sont négociés. Détenteurs de compétences techniques et d’informations spécifiques, il leur faut jouer des différences entre services et responsables concurrents, ruser pratiquer la rétention d’information

[1] M.Crozier et E. Fridberg « L’acteur et le système » Paris Le Seuil 1977