THEORIES DES ORGANISATIONS

Concepts et notions en théories des organisations

24 septembre 2006

Jeux de pouvoir jeux de désirs

Il est à noter que si les jeux de pouvoir ont été intégrés pleinement dans la problématique force_art_2006_39du management stratégique, les jeux du désirs demeurent proscris de la réflexion pour ou tout au moins sont largement refoulés à la marge du corpus. Pour autant, la subjectivité, l’affectivité, le symbolique, le désir sont présents en tout lieu dans l’action organisationnelle et donc dans le processus de décision. Sans doute l’apport de James March réside dans une analyse des jeux de pouvoir qui dépasse la conceptualisation de l’acteur manipulateur de l’information.

Photo de françois bouchet

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05 juillet 2006

Incertitude et pouvoir

L’incertitude et pouvoir sont liés. Le pouvoir s’installe dans des situations dont l’issue n’est pas prévisible à l’avance. Si les informations sont connues et hiérarchisées, et si le processus de décision est fixé, il n’existe aucun espace pour le pouvoir. C’est la conjonction de l’incertain et de l’asymétrie des positions (asymétrie des dotations initiales, des informations des capacités de traitement de l’information) qui explique la naissance et l’exercice du pouvoir.

Crozier et Friedberg[1] construisent l’entreprise comme un vaste système de pouvoir dont tous les acteurs, par les ressources qu’ils détiennent en contrôlant certaines incertitudes, gèrent, au mieux de leur intérêt, leur coopération conflictuelle.

Toutefois, l’existence d’un vaste système de négociation n’est pas contradictoire avec la thèse de la concentration du pouvoir dans les mains d’une oligarchie cooptée. Chaque cadre par son expertise détient un certain pouvoir, mais il doit composer avec les autres experts : les décisions sont négociés. Détenteurs de compétences techniques et d’informations spécifiques, il leur faut jouer des différences entre services et responsables concurrents, ruser pratiquer la rétention d’information

[1] M.Crozier et E. Fridberg « L’acteur et le système » Paris Le Seuil 1977


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Qui détient le pouvoir?

Les hypothèses de la concurrence pure et parfaite évacue le pouvoir, l’un des principes de base de l’économie néoclassique étant que nul ne peut être contraint à échanger, le pouvoir et le marché sont antinomiques

Si l’on affirme qu’entre le contrôle du marché par le monopole et le contrôle de l’entreprise par le marché, il existe une multitude d’états intermédiaires, le pouvoir de l’entreprise est affirmé tant dans la détermination des prix que dans la fixation des lieux de la concurrence (différenciation du produit). L’entreprise s’autonomise par rapport au marché et se donne les moyens de le contrôler. Plus elle s’étend plus elle peut régler le rythme et la nature même de la concurrence en élevant des barrières à l’entrée.

Les théories plus récentes du pouvoir offrent à la théorie standard un champ de réflexion plus acceptable à travers les notions d’information et de techniques de communication. Ainsi Crozier et Friedberg 1977[1]montrent comment le pouvoir se dilue dans un jeu subtil de stratégie de communication ou de rétentions d’informations plus ou moins vérifiables. La domination directe n’est plus nécessaire à l’exercice du pouvoir.

Les phénomènes de pouvoir apparaissent donc dès que l’on quitte les hypothèses de concurrence. En particulier la règle d’atomicité des intervenants. On parle dans ce contexte de pouvoir de marché. L’action et la décision d’un agent ont des conséquences sur l ‘état du marché. « L’information détenue par un agent et non partagée lui permet de capter une partie du surplus né de l’échange et lui confère un pouvoir »Y. Dupuys et B. Maris p4[2]


[1] M.Crozier et E. Fridberg « L’acteur et le système » Paris Le Seuil 1977

[2] Y. Dupuys et B. Maris « Le pouvoir et le marché : une relation complexe » Problèmes Economiques 20 Nov 1996 N°2495 p1-7

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Le pouvoir un concept central dans une analyse de réseau.

Pour comprendre la configuration d’un réseau, les flux de pouvoir et d’information force_art_2006_37peuvent être plus importants que ceux de l’argent et des services. Le pouvoir devient dans ce contexte un concept central de l’analyse de réseau. Selon Thorelli (1986) le pouvoir ne peut se penser comme étant possédé unilatéralement. Le phénomène le plus typique est celui de l’interdépendance. Ainsi, dans une logique de réseaux, l’organisation a intérêt, pour éviter une dépendance, à restreindre les interactions avec une partie donnée au profit d’une extension de son réseau.

Photo de françois bouchet

L’auteur identifie cinq sources de pouvoir pour les participants à un réseau :

Ø  Le pouvoir économique de base( pour un acheteur plus il a de fournisseurs moins les coûts de transaction d’en changer sont élevées. Possibilité d’avoir accès à des financements, et de s’intégrer verticalement).

Ø  Le pouvoir technologique : innovations de produits et de procédés.

Ø  L’expertise : le savoir est pouvoir, capacité du personnel et équipement en recherche et développement.

Ø  La confiance dans la continuation de a relation. Elle est basée sur la réputation et les performances passées.

Ø  La légitimité : le pouvoir dérive des contrats de long terme

H. THORELLI « Networks: between markets and hierarchies » Strategic Management Journal, 1986, vol. 7, pp. 37-51.

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